dimanche, février 15, 2009

Deux Films

Prête-moi ta main
Une comédie excellente avec Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg. Luis, 43 est célibataire et tout à fait content de sa vie et son travail de créateur de parfums. Cela aurait dû continuer toute sa vie, si sa mère et ses soeurs n’avaient pas décidé du coup qu’elles avaient marre de l’assister avec toutes ses affaires ménagères. Suite d’une campagne de recherche d’une femme idéale pour lui, Luis décide de prêter la main d’une jolie femme pour sauve-garder sa vie de célibataire...ce qui passe par la suite, m’a fait doubler en rire !

À voir absolument!



Hors de Prix
Une comédie drôle et satyrique, de Pierre Salvadori avec Audrey Tautou et Gad Elmaleh mérite toute appréciation qu’il a reçue. Jean, un serveur timide dans un hôtel de luxe croise par hasard Irène, une aventurière experte, qui le prend prend comme milliardaire. Ils passent une nuit (in)oubliable ensemble...mais le matin apporte la lumière et révèle la réalité ! Dès que Irène sait l’identité réelle de Jean, elle le fuit. Jean, follement amoureux d’elle, se lance dans sa poursuite, et là commence une suite d’événements drôles qui fait un tableau intéresssant des moeurs des riches et ceux qui les suivent pour l’amour (de l’argent).

À ne pas rater !

vendredi, février 06, 2009

La Femme Noire - Leopold Senghor

Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait
mes yeux
Et voilà qu'au coeur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l'éclair
d'un aigle

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir,
bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses
ferventes du Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts
du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de
l'athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur
la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta
peau qui se moire
A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux
soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour
nourrir les racines de la vie
.

-Léopold Senghor (1906 - 2001)

mercredi, février 04, 2009

Geetanjali Shrivastava - Acrostiche

Gaie et gentille, je suis quand-même sérieuse,
Écoute, je ne suis pas du tout prétentieuse !
Envisageant un futur dans l’enseignement
Tardivement dans mes études, je suis venue en France
A la recherche d’une formation universitaire...
Native d'un grand pays d’une cinquantaine de langues
Joie, c’est ce qui m’apporte des langues !
A quoi sert l’existence d’autant de
Langues dans ce monde, c’est une bonne question !
Incommunicabilité est un problème grave aujourd’hui.

Sortons-nous de cette situation ?
Hélas ! Personne n’a une réponse !
Rêveuse, penseuse...je ne suis pas satisfaite,
Illogique et souvent imbécile, je ne suis pas parfaite !
Vraiment je suis un paradoxe de nature -
Ayant des idées fantastiques et peu réalistes,
Sachant que la vie est une aventure,
Traumatisante parfois mais surtout joyeuse,
Arrivant à survivre dans ce monde confus –
Voilà, c’est moi !
Alors voudriez-vous faire connaissance ?

dimanche, janvier 04, 2009

À mes élèves

La joie. La colère. La surprise. L'amusement. La frustration. L'indignation. L'agacement. La fierté.

Les derniers 4 mois étaient pleins de ces émotions et plus - il y avait des fois quand je me suis demandée ce que je faisais, si j'avais oublié comment enseigner et où s'est volée ma patience. Je ne sais pas encore si vous allez retenir ce que j'ai essayé de vous enseigner et si vous allez continuer à apprendre le français et me faire fière de vous quand vous réussiriez au B2 avec de bonnes notes, mais je sais que j'ai sans doute fait quelque chose qui est correcte! Vous m'avez fait tirer mes cheveux en frustration et vous m'avez fait voir rouge en colère, mais vous allez me manquer.

Merci beaucoup mes cheris, pour ces 4 mois :-)

mercredi, décembre 17, 2008

Sensations

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai à rien:
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, - heureux comme avec une femme.


- Arthur RIMBAUD (1854-1891)

mardi, décembre 16, 2008

Les Poissons

Mémoire des poissons dans les criques profondes,
Que puis-je faire ici de vos lents souvenirs,
Je ne sais rien de vous qu'un peu d'écume et d'ombre
Et qu'un jour, comme moi, il vous faudra mourir.

Alors que venez-vous interroger mes rêves
Comme si je pouvais vous être de secours?
Allez en mer, laissez-moi sur ma terre sèche,
Nous ne somme pas faits pour mélanger nos jours.

- Jules SUPERVIELLE

dimanche, novembre 30, 2008

Il pleure dans mon coeur

Il pleut doucement sur la ville – Arthur RIMBAUD

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville :
Quelle est cette langueur
Qui pénétre mon coeur ?

O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cour qui s’ennuie
O le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce ceour qui s’écoeure
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuile est sans raison

C’est bien le pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

- Paul VERLAINE

jeudi, octobre 30, 2008

L'Adieu

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps Brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends
- Guillaume Apollinaire

mercredi, septembre 03, 2008

Une Vie de Boy - F. Oyono (1949)



Un roman émouvant écrit dans le style d'un journal intime, Une Vie de Boy de Ferdinand Oyono raconte l'histoire d'un jeune Noir naïf qui s'échappe de son village et la cruaté de son père et s'achèvent en devenant un ésclave et un personnage haineux. Le style nous permet d'avoir un contact plus immédiat et réel avec la vie et les pensées du personnage prinicpal, Joseph Toundi.

Le jeune Toundi a une image illusive des Blancs qui l'amènent à se réfugier auprès du père Gilbert. Avec cette action, Toundi entre dans le monde de servitude et perd sa liberté et son droit de rentrer dans son propre monde indigène. Quand le père meurt par hasard, Toundi devient le "Boy" du commandant des colonies de Dangan (Cameroun). Cette position de "chien du roi et roi des chiens" lui permet d'observer de proche tous ce qui se passent autour de lui dans le monde des Blancs.

Servant les Blancs dans la Résidence, la ville opulante des Blancs, il vit dans le Quartier Noir, le village pauvre des indigènes et ses illusions des Blancs s'envolent quand il aperçoit leur réalité. La première fois qu'il se rend compte que les Blancs ne sont pas sans faille, c'est quand il voit par hasard que son commandant n'est pas circoncis. Pour les indigènes un homme qui n'est pas circoncis ne peut pas être considéré un homme. Au fur et à mesur toutes ses illusions des Blancs s'envolent :
"Je pense à tous ses prêtres, ces pasteurs, tous ces Blancs qui veulent sauver nos âmes et qui nous prêchent l'amour du prochain. Le prochain du Blanc n'est-il que son congénère? Je me demande, devant de pareilles atrocités, qui peut être assez sot pour croire encore à tous les boniments qu'on nous débite à l'Église et au Temple..."
Le roman nous fait penser au sujet des moeurs coloniales et l'effet de colonialisation sur les indigènes, surtout des gens comme Toundi qui essaient de traverser la frontière et entrer dans le monde des Blancs. Ils se terminent par perdre leur propre identité, leur droit de rentrer dans leur propre monde et deviennent des esclaves qui n'ont qu'un avenir d'être annihilié...
"Ma mère me disait toujours que ma gourmandise me conduirait loin. Si j'avais pu prévoir qu'elle me conduirai au cimetière..."
Un roman qu'il ne faut pas manquer!

mercredi, août 27, 2008

La Séparation (1994)

Réalisé par Christian Vincent, avec Isabelle Huppert (Anne) et Daniel Auteuil (Pierre), ce film se déroule autour d'un couple mariés depuis un petit moment. Un couple comme tous les autres, au début rien ne les marque comme un couple extraordinaire. Ils ont un jeune enfant dont une jeune fille s'occupe. Ils se parlent moins en moins et ils ne se disputent plus, comme si chacun mène sa propre vie sans l'intervention de l'autre. Puis un jour Anne annonce qu'elle est tombée amoureuse d'un homme. Néanmoins, elle ne veut pas une séparation. Au début, Pierre est plus surpris que jaloux. Il ne comprend pas et essaye d'analyser ce qui s'est passé. Les deux continuent comme si rien ne s'est passé entre eux. Mais l'avouement de la part d'Anne a creusé un écart entre les deux et leurs émotions deviennent plus violentes et l'indifférence se transforme à quelque chose d'amère...Ils s'achèvent en se détachant et se séparant.

Pour moi, ce qui était vraiment frappant était la manque d'interaction entre les 3 membres de la famille et l'absence complète d'interaction entre la mère et le fils à l'exception de salutation quand elle s'en allait quelque part. La seule preuve de leur relation était dans les films tournés par Pierre. La détérioration de la relation conjugale ne m'a pas choqué autant que cette absence. Le fait que le réalisateur a choisi de montrer seulement les 2 caractères principaux peut être une explication pour celle-ci...ce choix lui a donné l'opportunité de montrer en gros détail la séparation.

Un film assez déprimant et inquiètant (point de vue rélations amoureuses / conjugales dont je vois de plus en plus d'echecs que de réussites) c'est encore un film d'Isabelle Huppert, qui m'a déstabilisé. C'est une actrice formidable (La Pianiste, La Dentellière) qui interprète ses rôles avec toute la justice qu'ils méritent et les transforment en réalité pour le spectateur. Je suis vraiment convaincue de son talent merveilleux!