samedi, juillet 04, 2009

Les Acrostiches

Trois acrostiches écrites par mes élèves de Niveau 2 (Cours de Week-end Juillet-Décembre 2009).

Amour amour autour du monde
Mes sentiments pour toi sont grands
Ouvre ton coeur, accepte-moi,
Une fleur rouge pour toi
Regarde moi s'il te plaît, épouse-moi.

Amour, c'est une émotion heureuse
Mon amour a l'air joyeux,
Ouvrez les fenêtres de votre coeur,
Une clé de la vie, c'est l'amour
Revoyez-vous chaque jour.

Arrivez en Jardin
Mon amour n’est pas arrivé
Où est il ?
Une heure à passer
Rien ne faire

(Les acrostiches sur le même thème écrites par mes élèves en 2007 et aussi par moi)

mardi, juin 30, 2009

Envie de râler...

Je ne comprends pas l'attitude des élèves ces jours. Ils arrivent en classe en pensant qu'ils savent tout, alors que la vérité est tout à fait le contraire. Avec un complexe de supériorité d'un grandeur énorme et une attitude "bof" envers tout sauf ce qui les touchent directement, leur connaissance générale est presque nulle. Ils ne lisent pas du tout et j'ai eu l'impression que la qualité de l'écoute est complètement absente. Essayez de les faire parler à propos de ce qu'ils ont appris à la maison, ils n'ont rien à dire. Demandez-leur d'écrire une rédaction sur une citation, ils n'ont rien à dire de qualité. La grammaire, apparamment, est inutile et n'a aucune rôle à jouer dans la langue contemporaine. Ni le lexique raffiné, ni la cohérence, ni la logique. J'ai eu envie de les fouetter et les renvoyer au niveau 1, ou même à l'école. C'est rare que je l'espère, mais j'espère que ces espèces d'idiots ne réussissent pas l'examen de B1. S'ils réussissaient, leur professeur de B2 aurait une tâche impossible à accomplir - de leur enseigner tout, en commençant de comment se comporter en classe avec les enseignants.

mercredi, avril 01, 2009

Deux Ânes


Il était une fois...
Deux ânes chacun au bout d'une corde
La Bavure coulant, affamés
Ils regardent un tas de blé.
Gourmands, têtus, l'un comme l'autre
Ils tirent et ils s'étirent
Avec toute leur force. Le Pire?
Chacun dans sa direction!
Face à l'échec, ils se regardent,
"Faisons travailler la matière grise!"
L'idée maline arrive. Résolu la crise!
Travailler ensemble, c'est la clé!
Ainsi vont-ils à chaque tas de blé
Mangeant à satieté.
Si les ânes y arrivent, pourquoi pas nous?

- Plain Jane, Grenoble, 01/04/09

(Consigne de départ : Écrivez une fable en partant de ces images. N'oubliez pas la morale.)

La Valse Rouge

Il était une fois, une fleur bleue
Fille unique, elle a du sang bleu
Jeune et innocente, elle voit la vie en rose.

Se promenant un jour, elle tombe dans les pommes
Et se réveille les yeux dans les yeux d'un beau jeune homme.
L'instant magique, c'est le coup de foudre.

Follement amoureuse, elle lui donne carte blanche.
Pour le voyage de noces, ils partent à la Manche.
Nuit de révélations : il est dans le rouge!

"Ce n'est pas possible! Est-ce un mariage blanc?"
Crie-t-elle. "Celui que j'ai pensé franc,
Menteur est-il! Il m'a fait marron!"

Ne pouvant plus rien voir que rouge
Elle l'attaque à l'arme blanche jusqu'à ce qu'il ne bouge.
Revendiquée, elle tombe dans un état démentiel.

Vu le lendemain, elle ne s'arrête de se frotter les mains.
Fleur bleue? Son corps et son esprit ne sont plus sains.
Des années plustard, elle ne fait que broyer du noir!

-Plain Jane, Grenoble 01/04/09

(Consigne de départ : Écrivez un poème en utilisant le maximum des expressions idiomatiques qui portent sur les couleurs)

vendredi, mars 20, 2009

Les Contemplations

XIV

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
-2 septembre 1847

-Victor Hugo

lundi, mars 02, 2009

Voyage de Noces - Patrick Mondiano (1990)


Un tout petit roman qui se lit dans quelques heures, Voyage de Noces est néanmoins un roman qu'il ne faut pas lire l'après-midi que vous vous trouvez déprimé. Patrick Modiano retourne à un de ses thèmes préférés de la quête d'identité avec le fond de la guerre mondiale et l'occupation allemande de la France.

Modiano est tombé par hasard sur une annonce publiée dans un journal de 1941 où l'on cherchait une jeune fille juive de 15 ans. Il a beau essayé de sortir de cette histoire, mais c'est devenue une obssession et il a finalement écrit une histoire, en s'inspirant de cette Dora Bruder.

Si Dora avait 15 ans à sa disparition avec des yeux gris-marron un manteau sport gris, pull-over bordeaux, jupe et chapeau blue-marine et chaussures sport marron , Ingrid Teyrsen, son personnage principal, avait 16 ans avec des yeux gris, manteau sport brun, pull-over blue clair, jupe et chapeau beiges, chaussures sports noires.

Le personnage principal et le narrateur de l'histoire, Jean B, archeologue par profession tombe sur une actualité d'une femme qui s'est suicidée dans l'hôtel milannais où il prennait un café un après-midi en août. Il se trouve plongée dans son passé, quand il se rend compte qu'il connassait cette femme, Ingrid et son mari Rigaud. Jean part à la recherche de leur histoire, en créant sa propre disparition afin de retrouver les traces de ce couple qui a vécu une "histoire d'amour" clandestine pendant l'occupation allemande en se cachant en Provence pendant la guerre et qu'il a rencontré il y a longtemps.

Modiano, par le moyen de Jean, reconstruit pour ses lecteurs le monde de l'occupation, c'est-à-dire, des années noires quand des milliers des juifs ont quitté Paris pour franchir la ligne de démarcation en fraude et aller se réfugier dans les hôtels de Provence. Ingrid et Ridaud font la même chose et ils vivent à la Côte d'Azur en attendant la fin de la guerre...
"Les jours, les mois, les saisons, les années passaient, monotones, dans une sorte d'éternité. Ingrid et Rigaud se souvenaient à peine qu'ils attendaient quelque chose, qui devrait être la fin de la guerre."
En essayant de recontruire l'histoire de Rigaud et Ingrid, Jean essaie de comprendre sa propre identité et son existence. Est-ce qu'il trouve sa paix? Je ne crois pas...

"Peu importent les circonstances et le décor. Ce sentiment de vide et de remords vous submerge, un jour. Puis, comme une marée il se retire et disaparaît. Mais il finist par revenir en force et elle ne pouvait pas s'en débarasser. Moi, non plus."

dimanche, février 15, 2009

Deux Films

Prête-moi ta main
Une comédie excellente avec Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg. Luis, 43 est célibataire et tout à fait content de sa vie et son travail de créateur de parfums. Cela aurait dû continuer toute sa vie, si sa mère et ses soeurs n’avaient pas décidé du coup qu’elles avaient marre de l’assister avec toutes ses affaires ménagères. Suite d’une campagne de recherche d’une femme idéale pour lui, Luis décide de prêter la main d’une jolie femme pour sauve-garder sa vie de célibataire...ce qui passe par la suite, m’a fait doubler en rire !

À voir absolument!



Hors de Prix
Une comédie drôle et satyrique, de Pierre Salvadori avec Audrey Tautou et Gad Elmaleh mérite toute appréciation qu’il a reçue. Jean, un serveur timide dans un hôtel de luxe croise par hasard Irène, une aventurière experte, qui le prend prend comme milliardaire. Ils passent une nuit (in)oubliable ensemble...mais le matin apporte la lumière et révèle la réalité ! Dès que Irène sait l’identité réelle de Jean, elle le fuit. Jean, follement amoureux d’elle, se lance dans sa poursuite, et là commence une suite d’événements drôles qui fait un tableau intéresssant des moeurs des riches et ceux qui les suivent pour l’amour (de l’argent).

À ne pas rater !

vendredi, février 06, 2009

La Femme Noire - Leopold Senghor

Femme nue, femme noire
Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait
mes yeux
Et voilà qu'au coeur de l'Eté et de Midi,
Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l'éclair
d'un aigle

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir,
bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses
ferventes du Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts
du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée

Femme noire, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de
l'athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur
la nuit de ta peau.
Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta
peau qui se moire
A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux
soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel
Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour
nourrir les racines de la vie
.

-Léopold Senghor (1906 - 2001)

mercredi, février 04, 2009

Geetanjali Shrivastava - Acrostiche

Gaie et gentille, je suis quand-même sérieuse,
Écoute, je ne suis pas du tout prétentieuse !
Envisageant un futur dans l’enseignement
Tardivement dans mes études, je suis venue en France
A la recherche d’une formation universitaire...
Native d'un grand pays d’une cinquantaine de langues
Joie, c’est ce qui m’apporte des langues !
A quoi sert l’existence d’autant de
Langues dans ce monde, c’est une bonne question !
Incommunicabilité est un problème grave aujourd’hui.

Sortons-nous de cette situation ?
Hélas ! Personne n’a une réponse !
Rêveuse, penseuse...je ne suis pas satisfaite,
Illogique et souvent imbécile, je ne suis pas parfaite !
Vraiment je suis un paradoxe de nature -
Ayant des idées fantastiques et peu réalistes,
Sachant que la vie est une aventure,
Traumatisante parfois mais surtout joyeuse,
Arrivant à survivre dans ce monde confus –
Voilà, c’est moi !
Alors voudriez-vous faire connaissance ?

dimanche, janvier 04, 2009

À mes élèves

La joie. La colère. La surprise. L'amusement. La frustration. L'indignation. L'agacement. La fierté.

Les derniers 4 mois étaient pleins de ces émotions et plus - il y avait des fois quand je me suis demandée ce que je faisais, si j'avais oublié comment enseigner et où s'est volée ma patience. Je ne sais pas encore si vous allez retenir ce que j'ai essayé de vous enseigner et si vous allez continuer à apprendre le français et me faire fière de vous quand vous réussiriez au B2 avec de bonnes notes, mais je sais que j'ai sans doute fait quelque chose qui est correcte! Vous m'avez fait tirer mes cheveux en frustration et vous m'avez fait voir rouge en colère, mais vous allez me manquer.

Merci beaucoup mes cheris, pour ces 4 mois :-)